Numericable tente de rassurer ses salariés, après que le comité d'entreprise d'Ypso, holding regroupant les actionnaires du câblo-opérateur, a lancé un droit d'alerte sur la situation de l'entreprise.

En effet, Numericable, qui rembourse une dette de 3 milliards d'euros, a payé ses fournisseurs en retard fin 2008. Selon le PDG, Pierre Danon, il s'agit d'une « légère tension financière de fin d'année ».

Néanmoins, lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire, qui s'est tenu le 4 février, les élus du personnel ont exigé des explications sur « l'endettement lourd de l'entreprise dû aux rachats successifs, le non-paiement des fournisseurs, les sous-effectifs chroniques générateurs de suractivité et de non-qualité de services ainsi que sur le gel des embauches ».

Avant que l'inquiétude ne gagne l'ensemble de ses investisseurs, Numericable a décidé de s'expliquer par communiqué. Ainsi, le câblo-opérateur honorerait aujourd'hui « ses délais de paiement sans difficultés ».

La dette du groupe serait « saine » et ne constituerait pas un frein en termes de financement ou d'investissement. Surtout, l'entreprise, qui embauche 1 400 personnes, ne prévoit « aucune réduction d'effectifs globaux ».

La polémique tombe mal pour le câblo-opérateur, qui se félicitait hier encore, suite à la publication d'un rapport de l'ARCEP, de ses résultats pour le troisième trimestre 2008. En effet, la progression trimestrielle du câble en nombre d'abonnés serait de 5,9 % contre 2,8 % pour l'ADSL. Les tensions sociales au sein du groupe pourrait enrayer le processus de croissance.

Par ailleurs, l'inquiétude autour des finances du câblo-opérateur pourrait représenter un coup d'arrêt brutal à la mise en chantier d'un réseau FTTH dans le département des Hauts-de-Seine. En effet, Sequalum, société en charge de la délégation de service public pour le très haut débit dans le 92, appartient pour 80% à Ypso.

Il appartient désormais à Numericable de poursuivre son entreprise de reconquête de sa clientèle, afin de stabiliser son parc d'abonnés et de s'assurer des revenus suffisants. Sans cela, l'inquiétude et la perte de confiance pourraient s'avérer dramatiques pour le câblo-opérateur.